Pourquoi tous les fournisseurs d’énergie ne présentent-ils pas leurs prix de la même manière ?
Vous consultez trois fournisseurs d’électricité.
Publié le 27 septembre 2026 — par l'équipe Sobria
Vous consultez trois fournisseurs d’électricité.
Même entreprise.
Même site.
Même compteur.
Même période contractuelle.
Et pourtant, vous recevez trois offres qui semblent parfois parler trois langues différentes.
L’un affiche
62 €/MWh
Le deuxième
71 €/MWh
Le troisième
98 000 € HT par an
Alors lequel est réellement le moins cher ?
La réponse n’est pas toujours évidente.
Parce qu’avant de comparer les prix, il faut commencer par vérifier une chose essentielle :
les fournisseurs parlent-ils réellement du même périmètre ?
Chez Sobria, c’est l’un des premiers travaux réalisés lors d’un appel d’offres.
Un prix au MWh n’est pas nécessairement un coût complet
C’est probablement l’erreur la plus fréquente.
Un fournisseur peut afficher
61 €/MWh
Mais que contient exactement ce chiffre ?
Uniquement l’énergie ?
L’énergie et la capacité ?
Les CEE sont-ils inclus ?
Les garanties d’origine ?
Les frais de gestion ?
La marge fournisseur ?
Certaines prestations ?
À l’inverse, un autre fournisseur peut afficher directement
76 €/MWh
avec plusieurs de ces composantes déjà intégrées.
Si l’on compare simplement
61 € contre 76 €
le premier paraît largement plus compétitif.
Mais cette comparaison peut être totalement fausse.
Le “full détail” est pour nous un avantage
Chez Sobria, nous apprécions particulièrement les fournisseurs capables de présenter leurs offres en full détail.
Par exemple
Énergie : 62 €/MWh
CEE : 10 €/MWh
Capacité : 2,50 €/MWh
Garantie d’origine : 1 €/MWh
Frais fournisseur : 0,80 €/MWh
Puis
Acheminement : X €
Fiscalité : X €
Budget total HT : X €
TVA : X €
Budget total TTC : X €
Cette présentation permet de comprendre immédiatement
ce que le client achète,
ce qu’il paie,
et comment son prix est construit.
Le problème commence lorsque plusieurs coûts sont regroupés derrière une seule ligne
Certaines offres utilisent au contraire une présentation beaucoup plus agrégée.
Par exemple
Prix de fourniture : 73 €/MWh
Mais derrière ces 73 €/MWh peuvent se trouver plusieurs composantes
énergie ;
CEE ;
capacité ;
frais fournisseur ;
garanties d’origine ;
autres coûts.
Le problème n’est pas nécessairement que ces éléments soient regroupés.
Le problème apparaît lorsque nous ne pouvons plus déterminer précisément
ce qui est inclus,
ce qui ne l’est pas,
et ce qui viendra éventuellement s’ajouter ensuite.
Pour un client professionnel, cette distinction est fondamentale.
Un prix sans coût global HT et TTC est insuffisant
Chez Sobria, nous considérons qu’une offre professionnelle ne devrait pas seulement répondre à la question :
« Quel est votre prix au MWh ? »
Elle devrait également permettre de répondre clairement à
« Combien mon entreprise va-t-elle réellement payer ? »
Nous attendons donc idéalement une vision comprenant
le coût de fourniture ;
les composantes complémentaires ;
l’acheminement ;
la fiscalité ;
le budget global HT ;
la TVA ;
le budget global TTC.
Pourquoi ?
Parce qu’un dirigeant ou un directeur financier ne paie pas une facture en « €/MWh ».
Il paie
un montant en euros.
Chez Sobria, le manque de transparence peut devenir presque éliminatoire
C’est un point important de notre méthode.
Nous ne cherchons pas seulement le fournisseur affichant le chiffre le plus bas.
Nous cherchons également un fournisseur capable d’expliquer clairement comment ce chiffre est construit.
Lorsqu’une proposition ne permet pas de comprendre
quelles composantes sont incluses ;
lesquelles seront ajoutées ;
quelle consommation a été retenue ;
quel budget annuel HT est estimé ;
quel montant TTC peut être attendu ;
cela crée un problème de transparence.
Et chez Sobria, cette transparence fait partie des critères de sélection.
Une offre très compétitive mais impossible à reconstituer peut donc être considérablement pénalisée dans notre analyse.
Dans certains dossiers, cela peut même devenir presque éliminatoire.
Parce qu’un client doit savoir ce qu’il signe.
Le fournisseur ne doit pas seulement annoncer un prix : il doit permettre de le vérifier
C’est une différence importante.
Nous ne demandons pas aux fournisseurs d’utiliser exactement la même mise en page.
Chaque fournisseur possède ses propres outils, ses propres modèles et sa propre terminologie.
En revanche, nous voulons pouvoir reconstituer l’offre.
Si un fournisseur annonce
74 €/MWh
nous devons pouvoir comprendre
74 €/MWh de quoi ?
Et ensuite
combien cela représente-t-il sur l’année ?
Les appellations peuvent également être différentes
Autre difficulté : les fournisseurs n’utilisent pas toujours les mêmes mots.
On peut retrouver
énergie ;
fourniture ;
part énergie ;
composante fournisseur ;
capacité ;
CEE ;
garantie d’origine ;
abonnement ;
frais de gestion ;
acheminement ;
TURPE.
Deux appellations différentes peuvent parfois désigner des éléments similaires.
À l’inverse, deux intitulés presque identiques peuvent recouvrir des choses différentes.
C’est pourquoi la comparaison nécessite souvent de revenir au contenu réel de chaque ligne.
Même problème avec les consommations estimées
Une autre source importante d’écart est la consommation utilisée par le fournisseur.
Imaginons une entreprise consommant environ 500 MWh par an.
Le fournisseur A réalise sa simulation sur
500 MWh
Le fournisseur B sur
535 MWh
Le fournisseur C sur
475 MWh
Lorsque vous regardez le budget annuel proposé, les trois résultats deviennent automatiquement différents.
Même si leurs prix unitaires sont proches.
Exemple
Fournisseur A
500 MWh × 80 €/MWh
= 40 000 €
Fournisseur B
540 MWh × 76 €/MWh
= 41 040 €
Si l’on regarde uniquement le budget
le fournisseur A semble moins cher.
Mais si l’on regarde le prix réellement proposé
le fournisseur B est à 76 €/MWh contre 80 €/MWh.
Le problème ne vient pas du prix.
Il vient de l’hypothèse de consommation.
Pour comparer, il faut donc remettre tous les fournisseurs sur la même consommation
Chez Sobria, nous cherchons à fixer une consommation de référence identique.
Par exemple
500 MWh.
Puis nous recalculons.
Fournisseur A
500 × 80 €
= 40 000 €
Fournisseur B
500 × 76 €
= 38 000 €
La lecture change immédiatement.
Même volume.
Même période.
Même périmètre.
Sur 1 GWh, quelques euros représentent rapidement beaucoup d’argent
Pour une entreprise consommant
1 000 MWh par an
chaque euro par MWh représente
1 000 € par an.
Donc
3 €/MWh = 3 000 €/an
5 €/MWh = 5 000 €/an
8 €/MWh = 8 000 €/an
Sur trois ans
5 €/MWh d’écart représentent déjà
15 000 €.
Cela justifie largement de consacrer du temps à retraiter correctement les propositions.
Attention également aux offres qui affichent seulement un prix énergie
Prenons deux propositions.
Fournisseur A
Énergie
60 €/MWh
Puis
CEE : 12 €/MWh
Capacité et autres coûts : 4 €/MWh
Total
76 €/MWh
Fournisseur B
Prix de fourniture intégré
74 €/MWh
Si l’on compare uniquement
60 € contre 74 €
le fournisseur A semble imbattable.
Mais le véritable comparatif est
76 € contre 74 €.
Le classement s’inverse.
Les CEE illustrent parfaitement le problème
Les CEE peuvent être
affichés séparément ;
regroupés dans la fourniture ;
intégrés dans une composante plus large.
L’absence d’une ligne « CEE » ne signifie donc pas nécessairement que le coût n’existe pas.
Il peut simplement être intégré ailleurs.
Notre travail consiste alors à identifier
où se trouve le coût et comment il est valorisé.
Même difficulté avec l’acheminement
Certains fournisseurs présentent directement une simulation intégrant le TURPE.
D’autres préfèrent l’isoler.
D’autres encore mettent davantage en avant la fourniture seule.
On peut donc se retrouver avec deux budgets globaux très différents visuellement alors que la différence commerciale entre les fournisseurs est finalement faible.
L’acheminement doit donc lui aussi être replacé dans un périmètre commun.
HT et TTC : deux informations indispensables
Pour nous, une comparaison sérieuse devrait permettre d’aller jusqu’au budget final.
Pas uniquement
prix énergie : X €/MWh
Mais également
budget fourniture : X €
budget global HT : X €
TVA : X €
budget global TTC : X €
Cela permet à plusieurs interlocuteurs de travailler avec la même information.
L’acheteur peut analyser le prix au MWh.
Le dirigeant peut regarder le coût annuel.
La direction financière peut mesurer le budget HT et l’impact de trésorerie.
Le prix moyen peut également cacher le profil horosaisonnier
Autre sujet : la consommation n’est pas toujours valorisée avec un prix unique.
Certains contrats présentent différents prix selon
heures pleines ;
heures creuses ;
haute saison ;
basse saison.
Un fournisseur peut être très compétitif sur une plage et moins sur une autre.
Le résultat dépend alors directement du profil réel du client.
Une moyenne commerciale ne suffit donc pas toujours.
Il faut appliquer les tarifs aux consommations correspondantes.
Deux entreprises consommant 1 GWh ne présentent pas nécessairement le même intérêt
Prenons deux industriels consommant chacun
1 GWh/an.
Le premier fonctionne
du lundi au vendredi, principalement en journée.
Le second
24h/24 et 7j/7.
Le volume annuel est identique.
Mais le profil de consommation ne l’est pas.
Les prix obtenus peuvent donc être différents.
C’est une raison supplémentaire pour éviter de raisonner uniquement sur
« mon voisin a obtenu X €/MWh. »
Le périmètre et le profil comptent.
Et le prix ne suffit toujours pas
Même une fois toutes les offres retraitées, le travail n’est pas terminé.
Imaginons
Fournisseur A
Coût reconstitué
74 €/MWh
Fournisseur B
Coût reconstitué
75 €/MWh
Pour 1 GWh, la différence est
1 000 € par an.
Mais il faut ensuite regarder
les CGV ;
les engagements de volume ;
les bandes de tolérance ;
les conditions de sortie ;
les modalités de révision ;
les projets futurs ;
la flexibilité contractuelle.
Une entreprise qui prévoit une forte baisse de consommation ou un projet photovoltaïque ne regardera pas nécessairement les deux contrats de la même manière.
Notre préférence : la transparence avant tout
Chez Sobria, nous apprécions les fournisseurs capables de présenter clairement
ce qui est inclus,
ce qui est exclu,
comment le prix est construit,
et combien le client va réellement payer.
Le fournisseur peut choisir son format.
Mais nous devons pouvoir reconstruire l’équation.
Lorsque cette transparence existe, la comparaison est beaucoup plus saine.
Lorsque cette transparence n’existe pas, nous devenons naturellement beaucoup plus prudents.
Notre travail : transformer plusieurs offres en une seule grille de lecture
Nous pouvons recevoir cinq offres présentées de cinq manières complètement différentes.
Notre travail consiste alors à les ramener vers une même grille
Puis seulement nous analysons les conditions contractuelles.
Un fournisseur peut être très compétitif et transparent
Il est également important de ne pas opposer transparence et prix.
Notre objectif n’est pas de sélectionner le fournisseur qui produit le tableau le plus long.
Notre objectif est de savoir précisément ce qu’il propose.
Un fournisseur peut parfaitement être
très compétitif, très simple et très transparent.
C’est même ce que nous recherchons.
Comparer trois offres ne signifie pas comparer trois chiffres
C’est probablement le message essentiel.
Recevoir trois propositions à
62 €/MWh
67 €/MWh
71 €/MWh
ne signifie pas automatiquement que vous connaissez déjà le classement.
Il faut encore vérifier
62 € de quoi ?
Quelle consommation ?
Quels coûts sont inclus ?
Quels coûts viendront ensuite ?
Quelle fiscalité ?
Quel acheminement ?
Quel budget HT ?
Quel budget TTC ?
Et quelles conditions contractuelles ?
Chez Sobria, un prix doit pouvoir être expliqué
Notre philosophie est assez simple.
Si nous recommandons une offre à un client, nous devons être capables de lui expliquer
pourquoi elle coûte ce prix,
ce qui est compris dedans,
ce qu’il paiera réellement,
et dans quelles conditions il s’engage.
Nous ne voulons pas simplement dire
« Ce fournisseur est le moins cher. »
Nous voulons pouvoir démontrer
« À consommation et périmètre identiques, voici précisément pourquoi cette offre est plus intéressante. »
C’est toute la différence.
Parce qu’un prix bas est intéressant.
Mais un prix bas que personne n’arrive réellement à expliquer est beaucoup moins rassurant.
Comparer les prix est nécessaire.
Comprendre leur construction est indispensable.
Sobria — Indépendance · Expertise · Performance
Sources officielles
Les dispositifs évoqués sur cette page relèvent de la réglementation française et s'appliquent aux sites raccordés en France.
- Le TURPE est fixé par la Commission de régulation de l'énergie (CRE), identique quel que soit le fournisseur.
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