Électricité : en 2026, les journées les plus chères du marché spot français sont toutes estivales

En 2026, les journées les plus chères de l'année sur le marché spot français de l'électricité se concentrent toutes en été — un signal qui rappelle que la saison chaude devient elle aussi une période de tension pour le système électrique.

Publié le 14 septembre 2026 — par l'équipe Sobria

En 2026, un constat inhabituel ressort des données du marché spot français de l'électricité : les journées les plus chères de l'année se concentrent toutes en période estivale.

Il faut attendre la 16e position du classement pour retrouver une journée d'hiver, autour de 134 €/MWh, alors que le point haut annuel se situe proche de 177 €/MWh.

Pendant longtemps, les épisodes de tension sur le marché électrique étaient principalement associés aux vagues de froid hivernales. En 2026, l'été montre qu'il peut lui aussi devenir une période particulièrement sensible.

Pourquoi les prix augmentent-ils autant en été ?

Le fonctionnement du marché spot apporte une première explication.

Le prix de l'électricité est déterminé par le coût de la dernière unité de production nécessaire pour équilibrer l'offre et la demande. Lorsque les moyens de production les moins coûteux ne suffisent plus, le système doit faire appel à des centrales plus chères.

Parmi elles figurent notamment les cycles combinés gaz, ou CCG.

Or, au cours de l'été 2026, leur utilisation a fortement progressé. La production d'électricité à partir du gaz a été environ deux fois plus importante que lors des deux étés précédents.

Cette évolution contribue à expliquer une partie des tensions observées sur les prix.

Mais aucun moyen de production ne suffit, à lui seul, à expliquer la situation.

Nucléaire : une production solide, mais une disponibilité en baisse au fil de l'été

La production nucléaire française reste globalement robuste et comparable aux niveaux observés lors des deux années précédentes.

La disponibilité du parc diminue néanmoins progressivement au cours de l'été.

Elle passe d'environ 38 GW jusqu'à la mi-juin à près de 34,5 GW en août.

Cette baisse ne constitue pas un effondrement de la production nucléaire, mais elle réduit les marges disponibles lorsque la consommation augmente ou lorsque d'autres moyens de production sont moins disponibles.

Photovoltaïque : une production en progression

Le solaire continue de gagner du terrain dans le mix électrique français.

La production photovoltaïque progresse par rapport aux années précédentes, notamment grâce à l'installation de nouvelles capacités.

Le nombre limité d'épisodes de prix négatifs a également permis au solaire de contribuer davantage au système au cours de certaines périodes.

Sa progression ne suffit toutefois pas à supprimer les tensions, notamment lorsque la demande reste importante en fin de journée ou lorsque les conditions de production deviennent moins favorables.

Éolien : toujours moins favorable en été

L'été reste structurellement une saison moins propice à la production éolienne.

Les régimes de vent sont généralement moins favorables qu'en automne ou en hiver.

En 2026, la production éolienne demeure toutefois légèrement supérieure à celle observée lors des années précédentes.

Là encore, la situation ne révèle donc pas de déficit exceptionnel susceptible d'expliquer seul les niveaux de prix observés.

Hydraulique : la sécheresse pèse, sans provoquer d'effondrement

La sécheresse limite la production hydroélectrique.

Les niveaux restent néanmoins comparables à ceux de 2025 et supérieurs aux niveaux particulièrement faibles enregistrés en 2022.

L'hydraulique apporte donc toujours une contribution importante au système, même si ses capacités sont davantage contraintes par les conditions hydrologiques.

La demande devient un facteur déterminant

Si aucune filière de production ne présente à elle seule une dégradation suffisante pour expliquer les tensions estivales, le facteur déterminant se trouve également du côté de la consommation.

Les épisodes de forte chaleur entraînent une augmentation des besoins en climatisation et en refroidissement, en France comme dans le reste de l'Europe.

Cette hausse de la demande peut intervenir précisément au moment où certaines capacités de production sont moins disponibles ou moins performantes.

C'est ce croisement entre une demande plus forte et un système plus contraint qui peut favoriser le recours aux centrales à gaz et donc pousser les prix spot à la hausse.

La climatisation pourrait accentuer cette tendance

Cette évolution pourrait devenir plus structurelle au cours des prochaines années.

Selon RTE, environ 25 % des foyers français sont aujourd'hui équipés d'un système de climatisation, contre une projection de 50 % à l'horizon 2035.

Si cette tendance se confirme, les besoins électriques liés au refroidissement pourraient augmenter sensiblement pendant les épisodes de chaleur.

Le marché électrique pourrait alors connaître plus régulièrement des périodes de tension estivale.

Plusieurs facteurs pourraient se combiner :

  • des vagues de chaleur plus fréquentes ;
  • une consommation électrique estivale plus élevée ;
  • une disponibilité parfois réduite de certains moyens de production ;
  • un recours plus important aux centrales à gaz lors des périodes tendues ;
  • une demande également plus forte dans les pays voisins.

L'été devient une période stratégique pour le marché électrique

Les épisodes de tension étaient historiquement associés à l'hiver : froid, chauffage électrique, forte consommation et risque de moindre disponibilité de certaines capacités.

L'année 2026 montre que l'été devient lui aussi une période stratégique à surveiller.

La progression du solaire ne suffit pas toujours à compenser la hausse de la demande liée aux fortes chaleurs, notamment lorsque l'éolien est moins productif et que certaines capacités pilotables sont moins disponibles.

Dans ces situations, le système doit mobiliser des moyens plus coûteux, ce qui se répercute directement sur le prix du marché spot.

Un nouvel enjeu pour les acheteurs d'électricité

Pour les entreprises, cette évolution rappelle qu'un marché de l'électricité ne se pilote pas uniquement à travers une lecture saisonnière traditionnelle.

Les périodes estivales peuvent désormais générer des tensions importantes et influencer les anticipations sur les marchés à terme.

Cela renforce l'intérêt de suivre les fondamentaux du système électrique dans leur ensemble : disponibilité nucléaire, production renouvelable, hydraulique, consommation, météo, prix du gaz et échanges européens.

Chez Sobria, nous considérons que l'analyse du marché ne consiste pas uniquement à observer un prix à un instant donné.

Il faut également comprendre pourquoi ce prix évolue et quels facteurs peuvent modifier l'équilibre du système au cours des semaines et des mois suivants.

En 2026, l'été confirme ainsi qu'il ne peut plus être considéré comme une période automatiquement détendue pour le marché français de l'électricité.

Sources : RTE · EPEX Spot · ENTSO-E

Un doute sur vos contrats gaz ou électricité ?

Sobria audite, compare et négocie pour vous — sans commission fournisseur.

Laissez-nous un message vocal, on vous recontacte rapidement. Laissez-nous un message vocal, on vous recontacte rapidement.
02 30 96 46 45 Scanner une facture