Électricité : en trois ans, les prix ont augmenté de 67 % pour les entreprises

Entre 2021 et 2024, le prix moyen de l'électricité payé par les entreprises et les professionnels a progressé de 67 %, selon une étude de l'Insee — un signal qui confirme que l'achat d'énergie est devenu un sujet de stratégie.

Publié le 14 septembre 2026 — par l'équipe Sobria

Entre 2021 et 2024, le prix moyen de l'électricité payé par les entreprises et les professionnels a progressé de 67 %, selon une étude publiée par l'Insee.

Cette hausse intègre déjà les différents dispositifs de soutien mis en place pendant la crise énergétique. Sans le plafonnement destiné aux TPE et l'amortisseur électricité, l'augmentation aurait atteint 74 %.

Derrière ce chiffre se cache une transformation profonde du marché de l'énergie. Les prix ont commencé à refluer en 2024, mais ils restent très éloignés des niveaux observés avant la crise.

Pour les entreprises, cette période rappelle surtout une réalité : l'achat d'électricité ne peut plus être considéré comme une simple dépense à renouveler à l'échéance d'un contrat. Il devient un sujet de stratégie, d'anticipation et de gestion du risque.

Une hausse particulièrement brutale entre 2022 et 2023

L'augmentation de 67 % constatée sur trois ans ne s'est pas produite de manière régulière.

L'évolution des prix payés par les entreprises a été très différente selon les années :

  • 2021 → 2022 : +14 %, après prise en compte des aides ;
  • 2022 → 2023 : +72 % ;
  • 2023 → 2024 : -15 %.

L'année 2023 constitue donc le point de rupture le plus marqué.

La baisse enregistrée ensuite en 2024 montre une détente du marché, mais elle doit être remise en perspective. Une diminution de 15 % après une hausse aussi importante ne suffit pas à ramener automatiquement les entreprises aux conditions tarifaires qu'elles connaissaient en 2021.

Autrement dit, une baisse des prix ne signifie pas nécessairement un retour à la normale.

Les entreprises les plus consommatrices particulièrement exposées

L'étude met également en évidence des différences importantes selon le profil de consommation.

Les entreprises alimentées en haute tension, correspondant notamment aux catégories C2 et C3, payaient encore leur électricité en 2024 environ 84 % plus cher qu'en 2021, malgré les mécanismes d'aide.

Les plus petits consommateurs professionnels ont eux aussi subi une forte augmentation.

Pour les entreprises appartenant à la catégorie C5, avec une puissance inférieure ou égale à 36 kVA, la hausse atteint environ 52 % sur trois ans.

La crise énergétique n'a donc épargné aucune catégorie de professionnels, même si son impact a été particulièrement important pour certains consommateurs énergivores.

Industrie, agriculture et tertiaire : des hausses importantes

Les écarts apparaissent également lorsque l'on observe les différents secteurs d'activité.

Entre 2021 et 2024, l'augmentation atteint environ :

  • +67 % pour l'industrie et l'agriculture ;
  • +62 % pour le secteur tertiaire.

Pour certaines entreprises, notamment celles dont l'électricité représente une part importante des charges d'exploitation, une telle évolution peut avoir des conséquences directes sur les marges, les prix de vente et la compétitivité.

L'énergie est ainsi progressivement passée du statut de charge relativement prévisible à celui de poste économique nécessitant un véritable pilotage.

La crise a profondément changé la manière d'acheter son énergie

Pendant longtemps, de nombreuses entreprises attendaient l'approche de l'échéance de leur contrat pour consulter plusieurs fournisseurs et choisir une nouvelle offre.

La volatilité observée ces dernières années a montré les limites de cette approche.

Car le résultat d'un achat d'électricité ne dépend pas uniquement du fournisseur sélectionné.

Il dépend également de plusieurs décisions :

  • à quel moment consulter le marché ;
  • quelle durée d'engagement retenir ;
  • choisir un prix fixe ou une formule indexée ;
  • sécuriser son budget en une fois ou progressivement ;
  • anticiper suffisamment les échéances contractuelles ;
  • comparer les offres sur une base réellement homogène ;
  • analyser les clauses, coûts annexes et conditions contractuelles.

Deux entreprises présentant des profils de consommation similaires peuvent ainsi obtenir des conditions très différentes simplement parce qu'elles ne sont pas intervenues sur le marché au même moment.

Anticiper pour conserver davantage de possibilités

L'un des principaux enseignements des dernières années concerne donc le calendrier d'achat.

Lorsqu'une entreprise attend les dernières semaines précédant l'échéance de son contrat, ses possibilités d'arbitrage diminuent fortement.

Elle doit généralement choisir parmi les conditions disponibles à cet instant précis.

À l'inverse, une consultation préparée suffisamment tôt permet de suivre l'évolution du marché, d'identifier différentes fenêtres d'achat et de décider du moment où une sécurisation devient pertinente.

L'objectif n'est pas de prédire parfaitement l'évolution future des marchés — ce qui est impossible — mais de disposer de suffisamment de temps et d'informations pour éviter qu'une décision importante soit prise sous contrainte.

Le prix au MWh ne suffit plus

Comparer uniquement le prix affiché par plusieurs fournisseurs peut également être trompeur.

Une offre d'électricité comprend de nombreux paramètres : structure tarifaire, durée, mécanismes d'indexation éventuels, flexibilité contractuelle, clauses de révision, volumes, conditions de sortie ou encore coûts complémentaires.

La comparaison doit donc être effectuée sur une base homogène afin de comprendre ce que l'entreprise achète réellement.

C'est particulièrement important dans un environnement où quelques euros par MWh peuvent représenter des sommes significatives sur plusieurs années pour un consommateur important.

De « quel fournisseur ? » à « quelle stratégie d'achat ? »

La crise énergétique a finalement modifié la question que doivent se poser les entreprises.

Il ne s'agit plus seulement de demander :

« Quel fournisseur propose le meilleur prix aujourd'hui ? »

Mais davantage :

« À quel moment devons-nous acheter, pour quelle durée et avec quelle stratégie ? »

Chez Sobria, nous considérons que le prix obtenu compte, mais que le moment auquel il est sécurisé compte tout autant.

L'anticipation des échéances, le suivi des marchés et l'analyse objective des différentes propositions permettent de transformer un renouvellement de contrat en véritable stratégie d'achat.

Après les mouvements observés entre 2021 et 2024, l'énergie est devenue un sujet qui mérite d'être piloté bien avant la date de renouvellement.

Le bon fournisseur compte. Le bon moment d'achat aussi.

Source : Insee — évolution des prix de l'électricité payés par les entreprises et professionnels entre 2021 et 2024.

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