Électricité : le prochain défi français sera autant la flexibilité que la production

Nucléaire stable, solaire et éolien en forte progression : selon une analyse de GlobalData, le système électrique français devra surtout apprendre à stocker, déplacer et mobiliser l'électricité au bon moment.

Publié le 14 septembre 2026 — par l'équipe Sobria

La France devrait conserver un parc nucléaire important au cours de la prochaine décennie. Mais dans le même temps, le solaire et l'éolien sont appelés à prendre une place croissante dans le mix électrique.

Selon une analyse de GlobalData, les capacités nucléaires françaises resteraient relativement stables, autour de 61 à 63 GW jusqu'en 2035, tandis que les capacités solaires et éoliennes pourraient presque doubler.

Cette évolution change progressivement la problématique du système électrique.

Produire suffisamment d'électricité restera indispensable. Mais il faudra également être capable de stocker, déplacer et mobiliser cette électricité au bon moment.

Le stockage devient une pièce centrale du système

Plus la part des productions dépendantes de la météo augmente, plus le réseau doit pouvoir absorber leurs variations.

Lorsqu'un excédent d'électricité est disponible, une partie peut être stockée puis restituée lorsque la production renouvelable diminue ou que la consommation augmente.

La France dispose déjà des STEP, ces installations hydroélectriques capables de pomper de l'eau lorsque l'électricité est abondante, puis de la turbiner lorsque le réseau en a besoin.

À leurs côtés, les batteries devraient prendre une place croissante.

Leur rapidité de réaction leur permet notamment d'intervenir sur les déséquilibres de courte durée et de contribuer à la stabilité du réseau.

Mais leur développement dépendra également de leur modèle économique : mécanismes de capacité, services système ou contrats permettant aux investisseurs de sécuriser leurs revenus feront partie des sujets à surveiller.

Le gaz pourrait rester une assurance de dernier recours

La transition électrique ne signifie pas nécessairement la disparition immédiate de toutes les capacités thermiques.

Les centrales fonctionnant au gaz présentent une caractéristique particulièrement utile pour le réseau : elles peuvent démarrer ou augmenter rapidement leur production.

Elles pourraient ainsi continuer à intervenir ponctuellement lors de périodes combinant faible production éolienne et solaire, forte demande ou indisponibilité d'autres moyens de production.

La difficulté sera donc de conserver suffisamment de moyens pilotables pour garantir la sécurité du système tout en poursuivant la réduction de la production d'électricité d'origine fossile.

Les interconnexions deviennent elles aussi stratégiques

Le réseau français ne fonctionne pas isolément.

Les échanges avec les pays voisins permettent déjà d'importer de l'électricité lorsque cela est nécessaire et d'exporter les surplus lorsque la production française dépasse la consommation nationale.

Avec davantage de solaire et d'éolien, ces capacités d'échange pourraient devenir encore plus précieuses.

Une production excédentaire en France peut répondre à un besoin ailleurs en Europe. À l'inverse, les capacités disponibles chez nos voisins peuvent contribuer à couvrir certaines périodes de tension sur le réseau français.

Le renforcement des interconnexions européennes devient donc lui aussi un outil de flexibilité.

Et après 2035 ?

GlobalData évoque également le potentiel des petits réacteurs modulaires, ou SMR.

Leur conception vise notamment une production plus standardisée et des unités de taille inférieure aux centrales nucléaires conventionnelles.

Mais leur déploiement industriel à grande échelle reste encore à démontrer. Leur contribution au système électrique français devrait donc demeurer limitée avant 2035.

L'enjeu n'est plus de choisir une seule technologie

La prochaine transformation du système électrique français ne reposera probablement pas sur une solution unique.

Elle nécessitera de faire fonctionner ensemble : nucléaire, solaire, éolien, hydroélectricité, batteries, interconnexions et capacités pilotables.

Le véritable sujet sera celui de leur complémentarité.

Un développement rapide des renouvelables accompagné d'investissements suffisants dans le stockage et la flexibilité peut renforcer un système électrique largement décarboné.

À l'inverse, augmenter les capacités solaires et éoliennes sans développer parallèlement les outils permettant de gérer leur variabilité pourrait accroître les périodes de tension et le besoin de recourir ponctuellement à des centrales fossiles.

Dans le système électrique de demain, disposer de capacités de production sera essentiel. Être capable de les mobiliser au bon endroit et au bon moment le sera tout autant.

Source : GlobalData.

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