CEE sur vos offres d’électricité : pourquoi le prix du MWh ne suffit pas pour comparer deux fournisseurs

Lorsqu’une entreprise reçoit plusieurs offres d’électricité, son premier réflexe est souvent de regarder une seule ligne :

Publié le 27 septembre 2026 — par l'équipe Sobria

Lorsqu’une entreprise reçoit plusieurs offres d’électricité, son premier réflexe est souvent de regarder une seule ligne :

le prix du MWh.

Fournisseur A : 62 €/MWh.
Fournisseur B : 59 €/MWh.

À première vue, le choix semble évident.

Le fournisseur B paraît moins cher.

Pourtant, ce raisonnement peut conduire à une mauvaise décision.

Car derrière le prix de l’énergie peuvent venir s’ajouter différents éléments, dont le coût lié aux Certificats d’Économies d’Énergie – CEE.

Et sur une consommation de 500 MWh ou 1 GWh par an, quelques euros d’écart par MWh représentent rapidement plusieurs milliers d’euros.

Commençons par une précision : les CEE ne sont pas une taxe

On entend régulièrement parler de « taxe CEE ».

Techniquement, ce n’est pas exact.

Les Certificats d’Économies d’Énergie reposent sur une obligation réglementaire imposée à certains vendeurs d’énergie, appelés « obligés ».

L’État leur fixe un volume d’économies d’énergie à réaliser ou à justifier.

Pour remplir cette obligation, les fournisseurs peuvent notamment

financer des opérations d’efficacité énergétique ;

obtenir des CEE via leurs propres dispositifs ;

acheter des certificats sur le marché ;

ou déléguer une partie de leur obligation.

Ce dispositif représente donc un coût réel pour le fournisseur.

Et ce coût se retrouve, d’une manière ou d’une autre, dans la construction de son offre commerciale.

Pourquoi parle-t-on davantage des CEE en 2026 ?

Depuis le 1er janvier 2026, le dispositif est entré dans sa sixième période, qui s’étendra jusqu’au 31 décembre 2030.

Pour l’électricité, l’obligation générale est désormais calculée sur une base de 0,731 kWh cumac par kWh d’énergie finale, avec en complément une obligation spécifique liée à la précarité énergétique.

Autrement dit, le poids économique du dispositif n’est pas marginal.

Le registre national Emmy publie d’ailleurs les prix moyens auxquels les CEE s’échangent.

En août 2026, le prix moyen pondéré du CEE classique était d’environ 8,71 €/MWh cumac. Le CEE précarité était quant à lui autour de 17,12 €/MWh cumac.

Ces valeurs ne constituent pas directement « le prix CEE que doit facturer un fournisseur ».

Mais elles montrent que l’obligation a une véritable valeur économique.

Pourquoi deux fournisseurs peuvent-ils afficher des coûts CEE différents ?

C’est précisément là que la comparaison devient intéressante.

Tous les fournisseurs ne gèrent pas leur obligation CEE de la même manière.

Certains ont pu sécuriser des certificats plus tôt.

D’autres disposent de leurs propres programmes d’économies d’énergie.

Certains achètent davantage de CEE sur le marché.

D’autres utilisent des délégataires.

Les coûts administratifs, les stratégies de couverture, les anticipations de prix et les marges commerciales peuvent également être différents.

Résultat

le coût CEE intégré ou présenté dans une offre peut varier d’un fournisseur à l’autre.

Et cette différence doit être intégrée dans la comparaison.

Exemple : une entreprise consommant 500 MWh par an

Prenons deux offres volontairement simplifiées.

Fournisseur A

Prix énergie : 62 €/MWh
CEE : 10 €/MWh

Coût comparé

72 €/MWh

Fournisseur B

Prix énergie : 59 €/MWh
CEE : 15 €/MWh

Coût comparé

74 €/MWh

Si l’entreprise regarde uniquement le prix de l’énergie, le fournisseur B semble meilleur :

59 € contre 62 €/MWh.

Il paraît donc 3 €/MWh moins cher.

Mais une fois les CEE ajoutés

Fournisseur A : 72 €/MWh
Fournisseur B : 74 €/MWh

Le classement s’inverse.

Sur 500 MWh par an, les 2 €/MWh d’écart représentent

1 000 € par an.

Sur un contrat de trois ans

3 000 €.

Et nous ne parlons ici que d’un seul poste de l’offre.

Maintenant sur une consommation de 1 GWh

Avec exactement les mêmes offres, mais une consommation annuelle de

1 000 MWh

l’écart devient

2 €/MWh × 1 000 MWh = 2 000 € par an.

Sur trois ans

6 000 €.

Pourtant, si le client s’était arrêté à la ligne « fourniture », il aurait probablement choisi le fournisseur B en pensant économiser :

3 €/MWh × 1 000 MWh = 3 000 € par an.

La réalité serait exactement inverse.

Chaque euro par MWh compte

Voici un calcul très simple.

Pour une consommation annuelle de 500 MWh

1 €/MWh d’écart = 500 €/an
3 €/MWh = 1 500 €/an
5 €/MWh = 2 500 €/an
8 €/MWh = 4 000 €/an

Pour une consommation de 1 GWh

1 €/MWh = 1 000 €/an
3 €/MWh = 3 000 €/an
5 €/MWh = 5 000 €/an
8 €/MWh = 8 000 €/an

À l’échelle d’un contrat de trois ou quatre ans, les écarts deviennent rapidement significatifs.

C’est pourquoi quelques lignes que l’on pourrait considérer comme « secondaires » méritent en réalité une véritable analyse.

Le prix de l’électron n’est pas le prix du contrat

C’est probablement le message le plus important.

Une offre d’électricité ne devrait jamais être comparée uniquement à partir de la composante énergie.

Il faut distinguer plusieurs niveaux

la fourniture d’énergie,
les CEE,
la capacité lorsqu’elle est applicable dans la construction de l’offre,
les garanties d’origine éventuelles,
les frais ou services du fournisseur,
l’acheminement,
et la fiscalité.

Certaines composantes sont réglementées.

D’autres dépendent du fournisseur.

Certaines sont identiques entre les offres.

D’autres ne le sont absolument pas.

Le travail consiste donc à identifier ce qui est réellement comparable.

Attention également à la manière dont les offres sont présentées

Autre difficulté : tous les fournisseurs ne présentent pas nécessairement leurs offres de la même manière.

Chez l’un, certains coûts peuvent apparaître distinctement.

Chez l’autre, ils peuvent être intégrés directement dans le prix de fourniture.

Un fournisseur peut donc afficher

65 €/MWh tout compris sur certaines composantes

alors qu’un autre affiche

58 €/MWh + plusieurs lignes complémentaires.

Visuellement, le deuxième paraît immédiatement moins cher.

Mais il faut reconstituer le coût final avant de pouvoir conclure.

C’est exactement pour cette raison que chez Sobria, nous cherchons à uniformiser les offres fournisseurs.

Même volume. Même période. Même périmètre.

Pour comparer correctement, nous recalculons les offres avec une base commune.

Même consommation.

Même période.

Même profil.

Même nombre de sites.

Puis nous reconstituons les différents postes.

L’objectif est de transformer plusieurs propositions commerciales très différentes en une comparaison lisible.

Par exemple

Fourniture : X €/MWh
CEE : X €/MWh
Autres composantes fournisseur : X €/MWh
Acheminement : X €
Fiscalité : X €
Budget annuel estimé : X €

À ce moment-là seulement, la comparaison devient réellement pertinente.

Un fournisseur moins cher sur l’énergie peut être plus cher au global

C’est contre-intuitif, mais fréquent dans une consultation.

Un fournisseur peut être particulièrement agressif sur le prix de fourniture tout en présentant un coût plus élevé sur d’autres composantes.

À l’inverse, un fournisseur dont le prix d’énergie semble légèrement supérieur peut avoir une construction globale beaucoup plus compétitive.

La bonne question n’est donc pas

« Qui propose le prix énergie le plus bas ? »

Mais

« Combien vais-je réellement payer à périmètre identique ? »

Et le prix n’est encore qu’une partie de l’analyse

Même une comparaison économique parfaitement reconstituée ne suffit pas.

Imaginons deux fournisseurs dont le coût annuel est presque identique.

Il faut ensuite regarder

les bandes de tolérance de consommation ;

les engagements de volume ;

les conditions de révision ;

les modalités de sortie ;

les pénalités éventuelles ;

les délais de paiement ;

la qualité de facturation ;

les garanties d’origine ;

la flexibilité du contrat ;

les services associés ;

et les CGV.

Une différence annuelle de quelques centaines d’euros peut parfois être largement compensée par une meilleure flexibilité contractuelle.

Exemple : 1 GWh et un projet photovoltaïque

Une entreprise consomme aujourd’hui 1 GWh par an.

Le fournisseur A est 1 500 € moins cher.

Mais son contrat prévoit une faible tolérance en cas de diminution importante des volumes.

Le fournisseur B est légèrement plus cher mais propose beaucoup plus de flexibilité.

Si cette entreprise prévoit d’installer des panneaux photovoltaïques dans 18 mois et de réduire fortement son soutirage réseau, le fournisseur B peut finalement être beaucoup plus pertinent.

Encore une fois

le prix ne peut pas être analysé indépendamment du contrat.

C’est pour cela qu’un appel d’offres doit être analysé en coût complet

Chez Sobria, notre rôle n’est pas simplement de récupérer plusieurs prix fournisseurs et de sélectionner la ligne la plus basse.

Nous cherchons à comprendre

comment le prix a été construit,
ce qu’il comprend,
ce qu’il ne comprend pas,
et quelles conditions sont attachées à cette offre.

Nous analysons ensuite les propositions sur une base homogène afin de donner au client une vision beaucoup plus claire.

Parce qu’entre

« le fournisseur le moins cher sur une ligne »

et

« le contrat réellement le plus intéressant pour l’entreprise »

il peut y avoir une différence importante.

Le CEE en est un excellent exemple

Le Certificat d’Économies d’Énergie peut sembler n’être qu’une petite ligne supplémentaire dans une proposition.

Mais quelques euros par MWh appliqués à

500 MWh,
1 GWh,
5 GWh,
ou plusieurs dizaines de sites

finissent par représenter des montants importants.

Le bon réflexe est donc toujours le même

ne jamais comparer uniquement le prix affiché de l’énergie.

Comparez le coût réel.

Comparez les conditions.

Et comparez-les sur exactement le même périmètre.

Chez Sobria, nous ne cherchons pas simplement le prix le plus bas.
Nous cherchons à comprendre ce que vous allez réellement payer et dans quelles conditions.

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